La tech à l'épreuve des coûts
- sinfonisite
- 29 juin
- 3 min de lecture

La tech rattrapée par le coût de l'IA
Après des mois d'euphorie, le secteur technologique traverse une zone de turbulences. Sur la semaine écoulée, le Nasdaq Composite a lourdement corrigé de 4,60% pour s'établir à 25 298 points, entraînant dans son sillage l'indice S&P 500 (-1,95%) et les marchés asiatiques. Si les très bons résultats de l'américain Micron, dont le bénéfice a été multiplié par quinze en un an, confirment que la demande en infrastructures d'intelligence artificielle reste insatiable, les marchés s'inquiètent désormais de l'inflation des coûts liée à cette révolution. La pénurie de puces mémoire, prioritairement accaparées par les géants de la tech au détriment de l'électronique grand public, fait monter les prix pour l'ensemble de l'industrie. En conséquence, des acteurs majeurs comme Apple, Microsoft et Sony ont été contraints d'annoncer des hausses de prix massives, comprises entre 15% et 30%, sur une partie de leurs ordinateurs, tablettes et consoles. Les investisseurs redoutent que cette « IAflation » ne finisse par peser sur la demande des consommateurs et n'érode les marges des constructeurs. Cette respiration des marchés, bien que brutale, permet toutefois d'assainir des valorisations devenues particulièrement exigeantes, à l'image du sud-coréen SK Hynix qui s'apprête par ailleurs à lever 29 milliards de dollars en Bourse pour financer de nouvelles capacités de production.
Le pétrole en chute libre et détente sur les taux
Sur le front macroéconomique, la semaine a été dominée par une bonne nouvelle pour le pouvoir d'achat et la lutte contre l'inflation : le baril de Brent s'est effondré de 10,65% pour s'établir à 72 dollars, retrouvant ainsi ses niveaux d'avant-guerre. Ce contre-choc pétrolier s'explique par la reprise du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, où plus de 170 navires ont pu circuler en quelques jours, faisant chuter les primes d'assurance de plus de moitié. Les acheteurs mondiaux se retrouvent soudainement submergés par une offre abondante en provenance du Moyen-Orient, une dynamique renforcée par les menaces de l'Irak de quitter l'OPEP pour augmenter drastiquement sa production. Cette normalisation énergétique a un effet baissier immédiat sur les rendements obligataires souverains, qui se détendent nettement des deux côtés du Rhin. L'OAT française à 10 ans recule ainsi de 11 points de base à 3,64%, et le Bund allemand cède 13 points de base pour s'établir à 2,85% en fin de semaine. En parallèle, les récents indicateurs d'inflation américaine (indice PCE à 4,1%) confortent la Fed dans sa prudence monétaire, ce qui continue de profiter au dollar. Ainsi, l'euro décroche de 87 pips sur la semaine, tombant à 1,1384 dollar, redonnant ainsi mécaniquement de la compétitivité aux entreprises exportatrices européennes.
Exail Technologies : pépite française de la défense
Malgré la tendance à la prudence sur les marchés, la Bourse de Paris a été animée par de belles opérations. L'événement marquant de la semaine est sans conteste l'envolée de plus de 25% du titre Exail Technologies, suite à l'annonce de négociations exclusives en vue de son rachat par le groupe Safran. Le motoriste aéronautique proposerait une prime de près de 38% pour s'offrir cette entreprise de pointe. Ce mouvement de consolidation souligne le caractère hautement stratégique des technologies de navigation et de robotique sous-marine dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes et de brouillage des signaux GPS. Le carnet de commandes d'Exail a d'ailleurs récemment explosé pour dépasser le milliard d'euros, dopé notamment par un contrat majeur avec l'OTAN pour la fourniture de robots de déminage. Cette acquisition permettrait à Safran de sécuriser des compétences uniques et souveraines, empêchant de fait un rachat par un acteur étranger. Cette dynamique positive sur la défense française, qui contraste avec la situation de l'allemand Rheinmetall, sanctionné en Bourse après l'annulation d'un contrat par le gouvernement berlinois, a permis de limiter le repli du CAC 40, qui ne cède que 0,43% sur la semaine à 8 385 points, soutenu par des perspectives de croissance toujours robustes pour nos fleurons industriels.
Chiffres de la semaine
Lundi
-
Mardi
Indice des prix à la consommation IPC (France et Allemagne) et Rapport JOLTS sur les nouvelles offres d'emploi (États-Unis).
Mercredi
Indice des prix à la consommation IPC (Zone Euro), Créations d'emplois ADP et Indice PMI manufacturier ISM (États-Unis).
Jeudi
Rapport sur l'emploi NFP, taux de chômage et inscriptions hebdomadaires au chômage (États-Unis).
Vendredi
Indices PMI des services (Europe, Royaume-Uni) ; Marché fermé aux États-Unis (Jour de l'Indépendance).

* 1 bp = 0,01% et 1 pip = 0,0001 USD
** Exprimé en devise locale



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