Sinfonews - 2ème trimestre 2026 - Marchés sous tension : Cap sur la diversification
- sinfonisite
- 10 juil.
- 5 min de lecture

1. Environnement Macroéconomique :
Le 2ème trimestre 2026 marque un renversement par rapport à la trajectoire du trimestre précédent : après le choc géopolitique lié au blocage du détroit d'Ormuz, l'apaisement progressif des tensions entre les États-Unis et l'Iran, jusqu'à la signature d'un accord de paix en juin, a permis un reflux des prix de l'énergie sur l'ensemble de la période. Cette détente a globalement soutenu l'activité et les marchés, mais l'inflation américaine a poursuivi sa remontée tout au long du trimestre, tandis que la zone euro connaissait une accélération des prix avant une décrue en fin de période. Les grandes banques centrales ont par ailleurs adopté des trajectoires opposées, la Réserve Fédérale ayant maintenu ses taux inchangés quand la Banque Centrale Européenne a procédé à un relèvement en juin.
États-Unis :
L'activité économique est restée globalement résiliente sur le trimestre, la croissance du PIB du premier trimestre 2026 ayant finalement été révisée à 2,1% en rythme annualisé, après un point bas à 0,7% fin 2025. L'inflation a cependant poursuivi sa progression, passant de 3,3% en mars à 3,8% en avril, puis 4,2% en mai en glissement annuel, l'indice PCE core (l'indicateur d'inflation le plus suivi par la banque centrale américaine, qui exclut les éléments très variables comme l'énergie et l'alimentation pour refléter la véritable tendance de fond des prix) a lui aussi atteint 3,4% en mai. Ce contexte a conduit la Réserve Fédérale à maintenir ses taux directeurs inchangés à 3,75% lors de ses réunions d'avril et de juin, dans un climat d'incertitude sur l'indépendance de l'institution marqué par le récent changement de présidence, Kevin Warsh ayant succédé à Jerome Powell en mai. Le marché de l'emploi, solide en avril et en mai avec 115 000 puis 172 000 créations de postes, a nettement ralenti en juin avec seulement 57 000 emplois créés, tandis que le taux de chômage reculait légèrement à 4,2%.
Europe :
L'inflation en zone euro a accéléré en début de trimestre, atteignant 3,2% en glissement annuel en mai, avant de refluer à 2,8% en juin sous l'effet de la baisse des prix de l'énergie. Cette dynamique a conduit la Banque Centrale Européenne, après avoir maintenu ses taux stables en avril, à relever son taux de dépôt de 25 points de base à 2,25% le 11 juin, portant le taux principal à 2,40%. La croissance demeure hétérogène au sein de la zone : l'Allemagne affiche une progression modeste de son PIB de 0,3% au premier trimestre quand la France enregistre une contraction de 0,1% sur la même période, sa croissance annuelle étant révisée à seulement 0,9%. Les indices PMI illustrent cette divergence, avec un secteur des services français resté en nette contraction tout au long du trimestre à 42,9 en mai, tandis que l'industrie allemande se stabilise à l'équilibre, proche du seuil des 50.
Chine :
L'économie chinoise a affiché une croissance meilleure qu'attendu au premier trimestre, à 5,0% en glissement annuel, portée par les exportations et l'investissement public. L'activité manufacturière est en revanche restée quasi stable sur le trimestre, l'indice PMI oscillant autour de 50 avec 50,3 en avril, 50,0 en mai et 50,3 en juin, signe d'une reprise encore modérée. La détente progressive des tensions au Moyen-Orient et la baisse des prix de l'énergie ont par ailleurs allégé une partie des pressions inflationnistes importées qui pesaient sur l'économie depuis le début de l'année.
2. Environnement des Marchés
Le 2ème trimestre 2026 a été marqué par une hausse des marchés actions, portée par la détente géopolitique et la baisse des coûts énergétiques, une divergence marquée des marchés de taux entre les deux rives de l'Atlantique, ainsi qu'un repli des cours de l'énergie et de l'or.
Actions :
Les marchés actions mondiaux ont enregistré une forte progression sur le trimestre, malgré une consolidation du secteur technologique américain en juin. Le S&P 500 gagne +14,87% sur le trimestre (+9,55% YTD) et le Nasdaq Composite +21,41% (+12,79% YTD), ces deux indices ayant enregistré une progression particulièrement forte en avril, respectivement +10,4% et +15,3%, avant de refluer légèrement en juin. En Europe, l'Euro Stoxx 50 progresse de +13,62% sur le trimestre (+9,27% YTD) et le CAC 40 de +7,51% (+3,12% YTD), les indices européens ayant particulièrement profité de la rotation sectorielle de juin vers les valeurs cycliques et industrielles, dans un contexte d’allègement de la facture énergétique.
Taux :
Les marchés obligataires ont reflété la divergence des politiques monétaires de part et d'autre de l'Atlantique. Aux États-Unis, le rendement du Trésor à 10 ans termine le trimestre à 4,47%, en hausse de 15 points de base, les investisseurs intégrant à la fois la persistance de l'inflation et le statu quo de la Fed. En zone euro, à l'inverse, les taux longs ont reculé malgré le relèvement des taux directeurs de la BCE : le Bund allemand à 10 ans cède 14 points de base à 2,86% et l'OAT française 7 points de base à 3,65%, soutenus par la détente sur les prix de l'énergie en fin de trimestre. Sur les taux courts, l'Euribor 3 mois progresse de 25 points de base à 2,32%, tandis que l'Euribor 12 mois recule de 14 points de base à 2,73%, le marché anticipant une pause prochaine de la BCE.
Matières Premières et Devises :
Le marché de l'énergie a dicté la tendance du trimestre, avec un net reflux des cours du pétrole. Le Brent recule de 38,39% sur le trimestre pour s'établir à 73 dollars le baril, mais reste en hausse de 19,84% depuis le début de l'année, sous l'effet conjugué du départ des Émirats Arabes Unis de l'OPEP au 1er mai et de l'accord de paix conclu en juin entre les États-Unis et l'Iran, qui a permis la réouverture du détroit d'Ormuz. Le gaz naturel européen suit une trajectoire comparable, en baisse de 13,13% sur le trimestre. L'or, valeur refuge par excellence, a subi une correction marquée en lien avec la réduction de la prime de risque géopolitique, cédant 14,14% sur le trimestre pour s'établir à 4 008 dollars l'once (-7,21% YTD).
Sur le marché des changes, le dollar s'est globalement renforcé face à l'euro, la parité EUR/USD reculant de 127 pips sur le trimestre pour terminer à 1,1414 (-322 pips depuis le 31 décembre 2025), une évolution qui allège mécaniquement le coût des matières premières libellées en dollars pour les investisseurs européens.

* 1 bp = 0,01% et 1 pip = 0,0001
** Exprimé en devise locale

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