Turbulences sur la tech, éclaircie pour Airbus
- sinfonisite
- 27 juil.
- 3 min de lecture

Pétrole, l'escalade évitée de justesse
La semaine écoulée a été marquée par la nervosité des marchés énergétiques, rythmée par l’instabilité du conflit entre les États-Unis et l'Iran. Face à la multiplication des incidents, avec notamment des attaques menées par les rebelles Houthis contre des pétroliers saoudiens, le trafic maritime mondial se trouve grandement perturbé. Les opérateurs redoutaient un blocage total du détroit d'Ormuz et anticipaient une riposte militaire américaine massive dans la région. Dans ce contexte, le baril de Brent a franchi le seuil symbolique des 100 dollars en cours de semaine, ravivant le spectre d'une inflation persistante et d'un ralentissement économique. Toutefois, l'annulation in extremis de l'offensive américaine a permis d'amorcer une détente ce week-end. Le pétrole termine finalement la semaine à 97 dollars, ce qui représente tout de même un bond de 9,85% sur la semaine. La tendance s'est mécaniquement transmise aux marchés obligataires. Le rendement de l'OAT française à 10 ans s'est tendu à 3,97%, tandis que le taux de référence américain atteint 4,68%, son plus haut niveau depuis janvier 2025.
L'IA sème le doute à Wall Street
Au-delà des secousses géopolitiques, c'est le secteur technologique qui a pesé sur la tendance boursière outre-Atlantique. Les publications très attendues d'Alphabet et de Tesla ont cristallisé les inquiétudes des investisseurs concernant la rentabilité de l'intelligence artificielle. Bien que ces entreprises affichent des résultats solides, ce sont leurs importantes prévisions de dépenses qui ont déclenché un mouvement de panique. Alphabet a notamment annoncé des investissements en capital de près de 200 milliards de dollars sur 2026 pour soutenir ses ambitions dans l'IA. Face à des retours sur investissement jugés trop lointains, les fameux « 7 Magnifiques » américains ont effacé près de 797 milliards de dollars de capitalisation boursière sur la seule journée de jeudi. En Europe, la sanction a également été rude pour le fabricant de semi-conducteurs STMicroelectronics, dont le titre a dévissé de plus de 17% suite à des prévisions de chiffre d'affaires jugées décevantes. Logiquement, le Nasdaq Composite accuse une baisse de 2,1% sur la semaine, entraînant le S&P 500 dans le rouge à -0,6%. Le CAC40 s'en tire mieux avec une progression hebdomadaire de 0,4%.
Airbus : des ambitions qui donnent des ailes
Dans cette ambiance globalement anxiogène, le fleuron de l'industrie aéronautique européenne a offert une bouffée d'optimisme au marché. Airbus a dévoilé mercredi des objectifs financiers de long terme spectaculaires, visant un résultat opérationnel compris entre 12 et 13 milliards d'euros pour l'horizon 2029. Ce chiffre représente une hausse de près de 80% par rapport aux résultats de l'année 2025. Pour atteindre ces sommets, le groupe compte massivement accélérer ses cadences industrielles, prévoyant de sortir 75 avions A320 neo par mois d'ici le début de l'année 2028 et visant la livraison de plus de 1 100 appareils civils annuellement à la fin de la décennie. Fort d'une très bonne visibilité commerciale et d'une demande mondiale qui ne faiblit pas, Airbus a également annoncé un programme massif de rachat d'actions de 5 milliards d'euros échelonné sur trois ans à partir de 2026. Largement saluée par les analystes, cette annonce a permis au titre de s'adjuger une hausse de plus de 7% sur la séance, s'imposant comme l'un des moteurs indispensables de la résilience du CAC 40.
Chiffres de la semaine
Lundi
Commandes de biens durables (États-Unis) et Indice IFO du climat des affaires (Allemagne).
Mardi
Confiance des consommateurs du Conference Board (États-Unis) et Chiffres des demandeurs d'emploi (France).
Mercredi
Décision de la FED sur les taux d'intérêt et Stocks de pétrole brut (États-Unis).
Jeudi
PIB trimestriel (États-Unis, Europe) et Indice des prix PCE core (États-Unis).
Vendredi
Décision de la BoJ sur les taux d'intérêt (Japon) et Indice des prix à la consommation IPC (Zone Euro, France).

* 1 bp = 0,01% et 1 pip = 0,0001 USD
** Exprimé en devise locale



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