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Détroit d’Ormuz : Navigation à vue

  • sinfonisite
  • 20 avr.
  • 2 min de lecture


Détroit d’Ormuz : Navigation à vue


Le soulagement aura été de courte durée pour les marchés énergétiques. Après une semaine de détente qui avait vu le Brent retomber à 90$ vendredi, la situation s'est brutalement retournée ce weekend. Suite à la saisie d'un cargo iranien par la marine américaine, Téhéran a riposté en ouvrant le feu sur des navires commerciaux et en annonçant la fermeture du détroit d'Ormuz. Le baril de Brent bondit de nouveau de plus de 5% à 95,37$, effaçant les gains de la semaine passée. Pour les investisseurs, ce revirement rappelle que la prime de risque géopolitique reste omniprésente. Si la Bourse de Paris avait terminé la semaine en forte hausse de +1,97%, ce regain de tension invite à la prudence en ce début de séance, la volatilité restant le maître-mot tant qu’un accord diplomatique global ne sera pas scellé.


Kevin Warsh : le nouveau visage de la Fed sous surveillance


L'attention des marchés se tourne désormais vers Washington où débutent les auditions de Kevin Warsh, le candidat de Donald Trump pour succéder à Jerome Powell à la tête de la Réserve fédérale. Le défi pour Warsh est de taille : rassurer sur son indépendance alors que le président américain réclame des baisses de taux agressives vers les 1%. Ce changement de garde est crucial car il dictera la trajectoire des taux mondiaux pour les prochaines années. En Europe, le marché a déjà commencé à anticiper une politique plus accommodante, avec une OAT française à 10 ans qui s'est détendue à 3,58% en fin de semaine dernière. Les investisseurs espèrent que ce pivot monétaire soutiendra la croissance économique, même si le retour des tensions pétrolières ce matin pourrait compliquer la tâche de la future direction de la Fed face au risque inflationniste.


Alstom : le séisme de la trésorerie


Si le marché parisien a globalement progressé, Alstom a vécu une fin de semaine cauchemardesque, son titre s’effondrant de -27% sur la seule séance de vendredi. Malgré un carnet de commandes qui reste solide, c’est une nouvelle fois la consommation de trésorerie massive (1,5 milliard d’euros attendus sur six mois) qui a mis le feu aux poudres. Ce manque de visibilité sur l'exécution des grands contrats industriels a provoqué une rupture de confiance majeure. Le groupe a dû abandonner ses objectifs de moyen terme, un signal très mal perçu par les investisseurs qui sanctionnent immédiatement l'absence de profits concrets. Depuis le début de l’année, l’action cède désormais 33%, rappelant que dans un marché nerveux, la capacité d'une entreprise à générer du cash est scrutée avec une exigence absolue, loin des promesses commerciales.


Chiffres de la semaine


Lundi

Taux préférentiels de prêt de la PBoC (Chine) et Indice des prix à la production IPP (Allemagne).

Mardi

Ventes au détail mensuelles et Ventes au détail principales (États-Unis).

Mercredi

Stocks de pétrole brut (États-Unis).

Jeudi

Indices PMI manufacturiers et services (France, Allemagne et États-Unis) et inscriptions hebdomadaires au chômage (États-Unis).

Vendredi

Indice IFO du climat des affaires (Allemagne).



*Exprimé en devise locale.

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