Nouveaux sommets boursiers
- sinfonisite
- 10 août
- 3 min de lecture

Nouveaux sommets et rotation sectorielle
La Bourse de Paris vient d'enchaîner une semaine historique en franchissant pour la première fois le cap des 8 700 points en séance. Le CAC 40 termine finalement la semaine sur un record à 8 715 points, ce qui représente une belle progression hebdomadaire de 2,41%. Cette euphorie généralisée, qui a également porté le DAX allemand et le Stoxx 600 sur de nouveaux sommets, s'appuie sur une très bonne saison de résultats semestriels. Près d'un tiers des entreprises du CAC 40 ont profité de l'occasion pour relever leurs objectifs annuels. Toutefois, la composition de cette dynamique haussière a profondément changé. Alors que le luxe portait le marché depuis la fin de la pandémie, le relais est désormais assuré par les valeurs liées à l'électrification et aux infrastructures indispensables à l'intelligence artificielle, mais aussi par le retour en force du secteur bancaire. Des fleurons industriels portés par l'IA comme STMicroelectronics et Schneider Electric, ou encore des géants financiers comme BNP Paribas (dont la rentabilité a été dopée par la hausse des taux), tirent la performance de l'indice depuis le début de l'année.
Emploi rassurant et recul de l'énergie
L'autre grand catalyseur de cette semaine boursière réside dans un paradoxe économique : les marchés ont accueilli avec soulagement la destruction inattendue de 23 000 emplois aux États-Unis au mois de juillet. Ce ralentissement du marché du travail, qui contraste avec les 80 000 créations de postes initialement anticipées, éloigne significativement le risque d'un nouveau durcissement de la politique monétaire de la Fed. Suite à cette statistique, la probabilité d'une prochaine hausse des taux directeurs a immédiatement chuté de 55% à 42%, entraînant une détente obligataire avec un taux souverain américain à 10 ans en baisse de 9 points de base sur la semaine passée. En parallèle, le climat géopolitique s'est apaisé grâce à l'espoir d'un accord temporaire entre l'Iran et Oman visant à sécuriser la navigation dans le détroit d'Ormuz. Conséquence immédiate, les cours mondiaux de l'énergie ont corrigé. Le baril de Brent a chuté de 8,45% sur la semaine pour revenir s'établir à 82 dollars. Cette double détente offre du répit face aux craintes inflationnistes et libère le potentiel des secteurs cycliques.
Microsoft confirme dans l'IA
Dans un environnement où les investisseurs se montrent de plus en plus exigeants sur la rentabilité des investissements technologiques, Microsoft a su prouver la robustesse de son modèle. La course à l'intelligence artificielle coûte de plus en plus cher, poussant même des géants historiques comme Alphabet à s'endetter à hauteur de 25 milliards de dollars pour financer leurs nouvelles infrastructures de pointe. Cette frénésie inquiète parfois, comme l'illustre la sanction subie par SpaceX, dont le titre a dévissé de près de 10% après l'annonce de dépenses de 15,83 milliards de dollars dans l'IA sur un seul trimestre. À l'inverse, Microsoft a particulièrement brillé et rassuré la place financière. Au quatrième trimestre de son exercice, Microsoft a dégagé un bénéfice net en bond de 31% à 35,8 milliards de dollars, propulsé par une croissance de 43% d'Azure, son activité Cloud. Ces excellents résultats démontrent que la monétisation des services liés à l'IA générative est déjà une réalité opérationnelle pour les leaders du secteur.
Chiffres de la semaine
Lundi
Balance des paiements courants (Japon).
Mardi
Variation de l'emploi ADP et Ventes de logements existants (États-Unis).
Mercredi
Indice des prix à la consommation (IPC et IPC core) et Stocks de pétrole brut (États-Unis).
Jeudi
PIB (Royaume-Uni), Prix à la production (IPP) et Inscriptions hebdomadaires au chômage (États-Unis).
Vendredi
PIB (Zone Euro), Ventes au détail et Indice Michigan de confiance des consommateurs (États-Unis).

* 1 bp = 0,01% et 1 pip = 0,0001 USD
** Exprimé en devise locale



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