Point de rentrée : Énergie, taux et GTT

Le pétrole réveille l'inflation
La rentrée boursière est marquée par un regain de tension sur les prix de l'énergie, ravivant le spectre de l'inflation. Les affrontements récents entre les États-Unis et l'Iran autour du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour l'or noir, ont propulsé le pétrole Brent à 96 dollars le baril, soit une hausse de 7,8% sur la semaine. Le gaz naturel suit la même trajectoire avec un bond hebdomadaire de 9,4%. Cette surchauffe énergétique constitue un véritable casse-tête pour les banques centrales. Alors que la Réserve fédérale américaine espérait un ralentissement économique pour temporiser sa politique monétaire, les États-Unis ont affiché de solides créations d'emplois en août (162 000 postes contre seulement 55 000 attendus). De son côté, la Banque centrale européenne, qui se réunit ce jeudi, fait face à une inflation en zone euro repartie à la hausse à 3,3% sur un an. Les investisseurs estiment désormais qu'une nouvelle hausse des taux directeurs est inévitable. Ce climat d’incertitude a pesé sur les indices actions, le CAC 40 cédant 1,46% sur la semaine pour s'établir à 8 279 points, son plus mauvais mois depuis le printemps.
La fièvre s'empare des taux
Dans le sillage de ces craintes inflationnistes, les marchés obligataires internationaux traversent une zone de turbulences. Les rendements des emprunts d'États ont franchi de nouveaux seuils psychologiques que nous n'avions plus observés depuis la crise de 2008. Sous l'effet des déficits publics et des anticipations monétaires, l'OAT française à 10 ans a atteint 4,20%, enregistrant une hausse de 7 bps sur la semaine, un sommet depuis plus de quinze ans. La dynamique est similaire outre-Atlantique où le taux américain à 10 ans s'est tendu de 6 bps pour s'établir à 4,78%, tandis que le Bund allemand grimpe à 3,34% (+6 bps). Toutefois, ce violent mouvement de défiance masque une divergence notable avec les obligations d'entreprises. Contrairement aux dettes souveraines, qui sont aujourd'hui lourdement sanctionnées, les entreprises privées affichent des bilans très bien gérés. Conséquence directe : les spreads de crédit se resserrent et la signature d'entreprise absorbe bien mieux le choc des taux. Pour les investisseurs obligataires, cette remontée générale offre néanmoins de bonnes opportunités de portage, permettant de réinvestir les liquidités à des conditions de marché généreuses.
GTT, champion incontournable du gaz
Dans cet environnement de marché volatil, le secteur parapétrolier et des infrastructures énergétiques tire son épingle du jeu. Le fleuron technologique français GTT (Gaztransport & Technigaz) s'est particulièrement illustré en fin de semaine avec un bond de près de 4% en Bourse, signant l'une des meilleures performances du SBF 120. Ce spécialiste des systèmes de confinement à membranes cryogéniques, qui équipe aujourd'hui 85% de la flotte mondiale de méthaniers, profite à plein de la redéfinition urgente des routes énergétiques. Face à l'explosion continue de la demande en gaz naturel liquéfié pour pallier les pénuries, le groupe affiche un carnet de commandes record de 1,9 milliard d'euros, représentant plus de 300 navires à équiper dans les prochaines années. Porté par ce cycle d'investissement mondial et soutenu par des recommandations de grandes banques d'affaires, GTT offre aux investisseurs une visibilité rare sur ses futurs revenus, assortie d'une très bonne marge opérationnelle de 68%. Ce positionnement très stratégique lui permet d'afficher une hausse spectaculaire de plus de 38% depuis le début de l'année, confirmant que la sécurité énergétique reste une thématique incontournable.
Chiffres de la semaine
Lundi
PIB trimestriel et annuel (Zone Euro) et Jour férié - Fête du Travail (États-Unis).
Mardi
PIB trimestriel (Japon) et Balance commerciale avec Importations/Exportations (Chine).
Mercredi
Indice des prix à la consommation IPC et Prix à la production (Chine).
Jeudi
Décision de la BCE sur les taux d'intérêt (Zone Euro), Inscriptions au chômage et Prix à la production IPP (États-Unis).
Vendredi
Indice des prix à la consommation IPC et IPC Core (États-Unis) et PIB mensuel (Royaume-Uni).

* 1 bp = 0,01% et 1 pip = 0,0001 USD
** Exprimé en devise locale



Commentaires