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Sinfonews T3 2026 : taux, ça carbure à la hausse.

Environnement macroéconomique

Le 3e trimestre 2026 a été marqué par le retour des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, entraînant un nouveau choc énergétique qui a compliqué la trajectoire de désinflation mondiale. Après l'accalmie observée en fin de premier semestre, la recrudescence des frictions maritimes et des risques d'embrasement autour du détroit d'Ormuz a provoqué une vive hausse des prix du pétrole et du gaz. Face à la persistance des pressions sur les prix, les grandes institutions monétaires ont écarté tout scénario d'assouplissement rapide, plusieurs banques centrales procédant même à des relèvements de taux directeurs pour juguler le risque d'une boucle inflationniste, dans un contexte d'activité économique disparate.

États-Unis

L'économie américaine a maintenu une croissance résiliente, le PIB du deuxième trimestre ayant été révisé en hausse à 2,2 % en rythme annualisé. Toutefois, l'inflation s'est avérée tenace sous l'effet des coûts de l'énergie, l'indice des prix à la consommation (IPC) se maintenant à 3,4 % en glissement annuel sur l'été, tandis que le PCE core s'est stabilisé autour de 3,0 %. Le marché du travail a envoyé des signaux contrastés, oscillant entre de faibles créations d'emplois en juillet (−23 000) et un net rebond en août (+162 000), maintenant le taux de chômage à 4,1 %. Face à une inflation persistante et à l'absorption d'émissions de dette publique massives, la Réserve fédérale a relevé son taux directeur de 25 points de base en septembre à 4,00 %, après un statu quo à 3,75 % en juillet.

Europe

La zone euro a directement subi le contrecoup du renchérissement énergétique, alimentant une accélération continue de la hausse des prix. L'inflation annuelle est passée de 2,9 % en juillet à 3,3 % en août, avant d'atteindre 3,8 % en septembre. Cette situation a contraint la Banque centrale européenne à durcir sa politique monétaire en septembre, relevant son taux de facilité de dépôt de 25 points de base à 2,50 % (taux principal à 2,65 %). Sur le plan économique, les dynamiques demeurent hétérogènes : si l'Allemagne montre des signes de stabilisation industrielle avec des indices PMI manufacturiers repassant au-dessus des 53 et l'annonce d'un plan de relance, la France affiche une activité atone (PIB stable à 0,0 % au deuxième trimestre) et fait face à des incertitudes budgétaires croissantes qui pèsent sur le climat des affaires.

Chine

L'activité chinoise a ralenti au cours de la période, avec un PIB en progression de 4,3 % en glissement annuel au deuxième trimestre, marquant une décélération par rapport aux 5,0 % enregistrés au premier trimestre. Le secteur manufacturier peine à trouver une impulsion durable, l'indice PMI officiel oscillant autour du seuil d'équilibre à 49,2 en juillet, 49,8 en août et 50,1 en septembre. Malgré des volumes d'exportation soutenus, la consommation intérieure demeure modérée, freinée par un marché immobilier toujours fragile et par l'impact de la facture énergétique importée sur la rentabilité des entreprises.

Environnement des marchés

Le 3e trimestre 2026 a été caractérisé par une forte tension sur les rendements obligataires, une envolée des cours de l'énergie et une divergence accrue sur les marchés d'actions, où les indices américains ont mieux résisté que les places européennes pénalisées par l'alourdissement du coût de la dette.

Actions

Les marchés actions ont évolué en ordre dispersé. Outre-Atlantique, les indices ont fait preuve de solidité malgré le durcissement monétaire : le S&P 500 progresse de 2,03 % sur le trimestre (+11,77 % depuis le 1er janvier) et le Nasdaq Composite de 2,47 % (+15,57 %). Après une phase de consolidation estivale liée aux interrogations sur la rentabilité des investissements dans l'intelligence artificielle, les publications de résultats solides dans les infrastructures technologiques ont soutenu la tendance en août et septembre. En Europe, les indices ont au contraire pâti de la remontée des taux et des incertitudes politiques. L'Euro Stoxx 50 cède 0,93 % sur le trimestre (+8,25 % depuis le 1er janvier), tandis que le CAC 40 recule plus nettement de 5,23 % (−2,27 %), affecté par la tension sur la dette souveraine française et par la sensibilité de ses valeurs cycliques au ralentissement chinois. Le MSCI World termine quant à lui en hausse de 1,60 % (+10,66 %).

Taux

Les marchés obligataires ont enregistré de fortes hausses de rendement sur l'ensemble du trimestre, intégrant le resserrement monétaire synchronisé et la prime de risque énergétique. Aux États-Unis, le taux du Trésor à 10 ans grimpe de 82 points de base pour finir à 5,29 %, sous l'effet de la hausse des taux de la Fed et de la lourdeur des émissions obligataires. En zone euro, la tension a été générale : le Bund allemand à 10 ans augmente de 73 points de base à 3,59 %, tandis que l'OAT française à 10 ans bondit de 121 points de base pour atteindre 4,86 %. L'écart de rendement (spread) franco-allemand s'est ainsi creusé au-delà de 120 points de base, reflétant la prime de risque exigée par les investisseurs face au déficit public français. Sur le court terme, l'Euribor 3 mois monte à 2,62 % (+29 bps) et l'Euribor 12 mois à 3,33 % (+60 bps), actant l'éloignement des perspectives de détente monétaire.

Matières premières et devises

Le compartiment des matières premières a dicté le rythme des marchés. Le cours du baril de Brent s'est envolé de 41,98 % sur le trimestre pour atteindre 104 dollars (+70,14 % depuis le 1er janvier), propulsé par les craintes de rupture d'approvisionnement maritime. Le gaz naturel européen enregistre une hausse de 65,64 % à 72 euros (+155,66 %). L'or progresse de 3,73 % sur le trimestre à 4 157 dollars l'once (−3,75 % depuis le 1er janvier), ayant pleinement joué son rôle de valeur refuge durant les tensions de l'été avant de subir des prises de bénéfices en septembre face à la concurrence des rendements obligataires sans risque.

Sur le marché des changes, le dollar américain s'est renforcé, soutenu par son statut de valeur refuge et un différentiel de taux favorable face à l'Europe. La parité EUR/USD recule de 75 pips sur le trimestre pour s'établir à 1,1339 (−397 pips depuis le 1er janvier). Ce repli de la monnaie unique accroît mécaniquement la facture des matières premières libellées en devises pour les ménages et entreprises de la zone euro.

Source : Bloomberg au 30/09/2026. Les données peuvent évoluer dans le temps. Performances de marché calculées en euro, dividendes réinvestis.

Cette lettre a une vocation exclusivement pédagogique et informative. Elle ne constitue ni une offre, ni une sollicitation, ni un conseil en investissement personnalisé. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les niveaux et variations mentionnés sont arrêtés à la date de publication et peuvent avoir évolué depuis.

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